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28/11/2005

Pari tenu !

Interview de François Fillon
Conseiller politique
Sénateur de la Sarthe
Le Parisien du 28 novembre 2005



Quel bilan faites-vous après un an de présidence Sarkozy à l'UMP ?

Il s'était fixé comme pari de faire de l'UMP la première force du pays et surtout d'en faire un parti vivant au centre de la vie politique française. Un an après, il a réussi. La progression du nombre d'adhérents est spectaculaire. Le débat se fait autour de ses prises de position. Bref, d'un cartel électoral, l'UMP est devenue un rassemblement populaire. Reste à consolider ce succès par des victoires électorales.

L'UMP n'est-elle pas devenue une machine électorale au service exclusif de Sarkozy et de 2007 ?

Les partis de droite ont toujours été des « machines » mises au service d'hommes et d'une stratégie pour conquérir le pouvoir. Le RPR l'a été en son temps. Aujourd'hui, l'UMP est clairement dirigée, mais personne ne peut nier la diversité des opinions et des courants qui s'expriment en son sein. Les minorités ont la parole comme jamais. Et même s'il y a de temps en temps des tensions, le parti n'a pas manqué une seule fois au gouvernement.

Sarkozy est-il assuré d'être le candidat du parti pour 2007 ?

Non. Il y aura à l'UMP une compétition entre tous ceux qui désirent l'être. En 2007, le meilleur portera nos couleurs. Pour moi, aujourd'hui, cela ne fait pas de doute : Sarkozy est le mieux placé.

Y a-t-il un risque qu'il y ait deux candidats issus de l'UMP ?

Oui, puisque certains défendent l'idée que ce n'est pas aux militants de désigner le candidat, comme Nicolas et moi le proposons. Ils affirment qu'une candidature présidentielle est l'histoire d'une rencontre entre un homme et un peuple. Cela fait partie d'un catéchisme prétendument gaulliste, qui en réalité n'a pas d'autre objectif que de laisser perdurer un système de désignation quasi monarchique, où le chef choisit avec quelques-uns de ses fidèles d'être candidat ou de désigner son favori. Cette procédure discrétionnaire n'a rien de gaulliste ! Avoir deux candidats émanant de l'UMP serait suicidaire. Le risque qu'il n'y en ait aucun au second tour serait énorme.

Selon vous, Chirac et Villepin songent à se présenter...

C'est probable. Mais Jacques Chirac ne peut l'emporter. Ce n'est pas sa personne que je mets en cause, mais j'estime qu'il n'est plus possible aujourd'hui de faire trois mandats à l'Elysée. Les rythmes politiques ont changé. Quant au Premier ministre, il doit mesurer qu'il n'y a pas de place pour deux candidats de la majorité. Et Nicolas Sarkozy a une avance sérieuse.

Quel rôle vous assignez-vous ?

L'année 2006 sera celle du projet. J'y participerai directement. Il faut mettre en place les procédures qui permettront à chacun de nos militants de participer à sa réalisation. Je voudrais qu'il soit débattu par chacun et qu'il soit très opérationnel, c'est-à-dire accompagné d'une feuille de route pour les six premiers mois, avec un calendrier clair et des textes législatifs quasi rédigés.

Ce sera un projet de rupture, comme dit Sarkozy...

Oui. Car notre pays traverse une crise de confiance d'une gravité extrême. Les Français n'ont plus confiance en leurs gouvernants. Ils hésitent entre l'abattement et la fronde. Il faut donc changer la manière de faire de la politique. Et abattre un certain nombre de tabous qui nous ont amenés à hésiter sur nous-mêmes. Depuis 1981, la France a été gérée le plus souvent par la gauche dont les politiques ont accentué tous les blocages de notre société. Quand la droite est aux responsabilités, elle n'ose pas changer la donne... C'est avec cela qu'il faut rompre.

 

25/11/2005

Sarko vs Kassovitz

Ces derniers temps, sur le net, on ne parlait plus que de Kassovitz... en effet son analyse acide, personnelle et même parfois méchante (sur son blog : http://www.mathieukassovitz.com/blog ) a suscité beaucoup de réactions... dont celle de Nicolas Sarkozy.

IL lui répond :

"Monsieur,

J'ai pris connaissance de vos propos développés sur votre blog relatifs à la crise qui a traversé plusieurs de nos banlieues. Au-delà de vos flèches caricaturales et provocantes dont je suis la cible, j'ai tenu à vous répondre personnellement car je crois aux vertus du débat et de l'échange, notamment avec celles et ceux qui ne souscrivent pas à mes idées ou mes actes.

Le premier point qui m'a frappé à la lecture de votre blog, c'est qu'il laisse fortement entendre que la crise actuelle a surgi soudainement, comme par un malheureux hasard.
Vous l'attachez de façon réductrice et manichéenne à ma personne et à quelques mots prononcés par moi-même… Ces mots, j'assume leur tonalité directe et franche car ils sont fondés sur la réalité d'un quotidien vécu par une majorité de nos concitoyens dans les cités. Au surplus, j'estime que le "politiquement correct" et la langue de bois qui prévaut depuis des décennies ne sont pas indifférents à la montée du vote extrémiste dont je combats depuis toujours les idées et les leaders.

Vous connaissez, semble-t-il, suffisamment "les quartiers" pour savoir, au fond de vous-même, que la situation est tendue depuis de longues années et que le malaise est profond. Votre film, "La haine", qui date de 1995, évoquait déjà ce malaise que des gouvernements, de droite comme de gauche, ont dû gérer avec plus ou moins de réussites. Limiter cette crise aux faits et gestes du Ministre de l'Intérieur, c'est, d'une certaine façon et une fois encore, passer à côté des vrais problèmes. Je mets cela sur le compte d'un coup de cœur mal placé.

Le second point qui m'a heurté, c'est que vous paraissez vous faire, sans nuance, le porte-parole d'une minorité de casseurs plutôt que l'interprète d'une majorité de familles et de jeunes qui vit, elle aussi, dans les cités et qui en a assez de constater que la culture de la violence et des rapports de forces s'est imposée sur celle de l'Etat de droit. Pourquoi n'avoir aucun mot pour ceux dont la voiture a brûlé, les privant ainsi d'un outil de liberté et de travail durement acquis ? Pourquoi ne pas évoquer ces jeunes dont les gymnases ont été réduits en cendres et ces enfants dont l'école est détruite ? Pourquoi, par ailleurs, n'avoir aucune pensée pour les 110 policiers blessés, les pompiers caillassés et les médecins injuriés ?

Votre proximité affective à l'égard des jeunes des cités est compréhensible et estimable, mais j'ai le sentiment qu'elle vous conduit à accepter ce qui n'est pas acceptable. Ce n'est pas rendre service aux banlieues que de prendre fait et cause pour une minorité dont les actes sont répréhensibles et parfois même meurtriers. Je crois même le contraire.
Vivre dans un quartier populaire ou être le fils de parents ou grands-parents immigrés n'autorise nullement à lancer des cocktails molotov sur la police et des pierres sur les pompiers. Laisser entendre le contraire, c'est, selon moi, insulter toutes celles et tous ceux qui, dans des conditions d'existences identiques, se comportent en citoyen responsable.

Je n'ignore nullement le fait que derrière cette crise il y a des facteurs économiques, sociaux et culturels. J'en ai mesuré l'ampleur et c'est pourquoi je défends, notamment, le principe de la discrimination positive ou encore le vote des étrangers aux élections municipales. Il est temps de briser l'égalité de façade dont notre pays est coutumier depuis trop longtemps ! Il est temps de donner toutes ses chances à la France plurielle dont j'estime qu'elle est un atout et non un handicap ! A cet égard, je veux vous dire que la Police est sans doute le service public le plus représentatif de cette France plurielle que j'appelle de mes voeux.

Cette nouvelle impulsion dont les quartiers ont tant besoin, ne peut être engagée en l'absence d'un rétablissement des règles républicaines.
Le développement des trafics, des violences, des "tournantes", de l'immigration clandestine, minent tous les efforts que nous pouvons entreprendre. En ces zones de non-droit, l'ordre républicain n'est pas l'adversaire du progrès, mais bien son allié.

Nous sommes en présence d'une des crises urbaines les plus complexes et les plus aiguës que nous ayons eu à affronter. Elle exige de la fermeté et beaucoup de sang froid. Ces sont ces instructions précises que j'ai donné aux forces de police et de gendarmerie. Elles agissent avec une maîtrise et un professionnalisme qui font honneur à notre démocratie. Au cours des quatre dernières semaines, certaines de nos unités ont fait face, dans le calme et la discipline, à une violence dont je vous demande de ne pas sous-estimer la brutalité.

Voilà les quelques réflexions que m'inspire la lecture de votre blog. Je sais que vous êtes, avec votre style et vos convictions, à la recherche d'une prise de conscience des pouvoirs publics vis à vis des banlieues. Depuis tant d'années, beaucoup d'argent a été engagé, beaucoup d'efforts ont été entrepris par les services de l'Etat comme par les acteurs de terrain. Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Nous y avons tous notre part de responsabilité. Comment faire mieux et autrement ? Cette question, il faut maintenant la résoudre.

Demeurant disponible pour poursuivre, si vous le jugez utile, notre échange de vive voix, je vous prie de croire, Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleur".


 

 

24/11/2005

Interview de Nicolas Sarkozy Ouest-France – jeudi 24 novembre

Quels enseignements tirez-vous de ces 3 semaines de violences urbaines ?

1) On a trop longtemps sous-estimé la gravité du problème des banlieues. Or, il n’y a pas de bons remèdes sans vrai diagnostic. 2) Les Français aspirent au retour de l’autorité de l’État. Le sentiment d’impunité a permis à des bandes, des voyous, d’imposer leur domination sur un territoire, au détriment de l’économie réelle. 3) Nous ne pouvons plus continuer à subir l’immigration, nous devons la choisir. Le système d’intégration dont nous étions si fiers est aujourd’hui en panne. 4) On a aidé des territoires. Il fallait aussi aider des personnes qui y vivaient, celles qui voulaient s’en sortir. 5) On a fait du social là où les gens voulaient du travail.

Est-ce le modèle d’intégration qui est en panne ou la paupérisation accentuée de certains quartiers qui est en cause ?

La paupérisation est accentuée par l’immigration non maîtrisée. C’est plus facile d’intégrer des gens qu’on choisit que des gens qu’on n’a pas choisis et qui sont trop nombreux. Nous allons répétant que le regroupement familial est un droit. C’est vrai. Mais ce droit ne peut plus s’exercer sans que l’on vérifie les conditions matérielles dans lesquelles il s’applique et sans lesquelles le regroupement familial n’est plus facteur d’intégration.

Faut-il suspendre les allocations aux parents de mineurs délinquants ?
Si des familles ne s’occupent pas de leurs enfants ou bien si elles sont en grande détresse sociale et ne peuvent pas s’en occuper, je préconise la mise sous tutelle, c’est-à-dire le contrôle de l’affectation des allocations familiales aux dépenses correspondant au bien des enfants. Cela aura aussi une vertu éducative à l’égard des parents.

Le président de la République parle du « fléau des discriminations » pour expliquer le mal être des jeunes des banlieues, mais il rejette l’idée des quotas à l’embauche. Vous aussi ?

Je n’ai jamais demandé des quotas. En revanche, je suis pour la discrimination positive à la française. Comment fait-on reculer les injustices dans notre pays ? La République n’a pas l’obligation de donner à tous la même chose, mais d’aider massivement ceux qui en ont le plus besoin. Elle doit garantir l’égalité réelle et non l’égalité virtuelle. Au lieu de refaire des immeubles, ne serait-il pas plus juste de proposer aux jeunes des quartiers déshérités une formation qualifiante pendant deux ans, avec en contre-partie l’obligation pour eux de suivre cette formation ?

Pourquoi a-t-on diminué ou supprimé des subventions à tant d’associations ?

Tant qu’on n’aura pas débarrassé ces quartiers d’activités mafieuses, une part de l’argent des subventions sera détournée au profit d’activités délictuelles. Sans parler de ceux qu’on appelle les « grands frères ». Curieuse appellation pour nombre de ceux qui ne sont ni plus ni moins que des caïds !

Que prévoyez-vous en matière de prévention ?

Je vais présenter un plan national de prévention de la délinquance qui fait du maire le coordonnateur de la prévention. Il faut créer des internats d’excellence dans les quartiers, pour que les enfants de familles monoparentales puissent étudier et se nourrir dans de bonnes conditions. Il faut systématiser les études du soir dans ces quartiers, pour éviter que les « orphelins de 16H30 » ne soient tentés par la loi de la rue. Il faut dépister les comportements violents dès la maternelle et le primaire afin d’y apporter les réponses appropriées. Il faut décloisonner les métiers des travailleurs sociaux pour qu’ils mettent en commun leurs informations et ne soient plus tenus par le secret professionnel lorsque des enfants sont en danger.

Pourquoi tant de communes, et parmi elles Neuilly, n’appliquent-elles pas le quota de 20% de logements sociaux imposé par la loi SRU ?

Certaines communes ont un foncier si rare et si cher qu’elles ne peuvent pas faire face à cette obligation. Pour moi, la bonne politique du logement ne consiste pas à couvrir la France de logements sociaux, mais de permettre aux salariés modestes d’être propriétaires de leur logement, et ainsi de libérer des HLM pour ceux qui n’ont pas les moyens d’être propriétaires. La rotation à l’intérieur du parc HLM doit s’accélérer.

La loi est ce qu’elle est : faut-il sanctionner ceux qui y contreviennent ?

Sanctionner ? Mais quand il n’y a pas de terrain, vous faites quoi ? Vous mettez le maire en prison ?… La loi n’impose pas les 20% tout de suite, elle exige de faire chaque année des dépenses en faveur des logements sociaux pour aller vers cet objectif. Et c’est ainsi qu’à Neuilly quand j’en étais le maire, en 4 ans, nous sommes passés de 400 logements sociaux à 800.

Est-il vraiment nécessaire de rajouter une nouvelle loi anti-terroriste à la législation déjà existante en la matière ?

Il est de mon devoir de tirer les enseignements des attentats de Londres et de ce qui aurait pu se passer chez nous. Nous avons compris l’importance de la vidéo surveillance pour laquelle la France avait beaucoup de retard ; l’importance aussi du stockage des données téléphoniques et celle de la surveillance de l’identité des passagers qui se dirigent vers des destinations sensibles sans raison apparente. Notre devoir est d’être prêts à intervenir contre des terroristes avant qu’ils n’agissent. Et la menace est sérieuse.

A propos de la violence dans les stades, que préconisez-vous ?

Il est des tribunes et des supporters qui nous font honte. Il faut débarrasser nos stades des hooligans. Je vais faire voter, dans les jours qui viennent, un amendement qui permettra aux préfets d’interdire de stade quelqu’un de violent, qui fait le salut nazi ou qui se comporte en raciste. Je ne veux plus devoir mobiliser 2000 fonctionnaires de police pour un simple match de foot !

Faut-il une loi pour imposer le service minimum en cas de grève dans les transports publics ?

Oui et je souhaite que le gouvernement le décide. La contre-partie du monopole c’est le service minimum. Parce que le monopole, cela veut dire que quand le service s’arrête, celui qui veut aller à son travail, ou rentrer de son travail, n’a pas d’autre solution. Quand il n’y a pas de monopole, on peut choisir une autre solution, là non. Les usagers n’ont pas à être pris en otages par une grève qui ne les concerne en rien. D’ailleurs, cette loi était une proposition de Jacques Chirac lors de sa candidature à la présidentielle.

20/11/2005

Communiqué de Nicolas Sarkozy

  Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, félicite l’ensemble des élus, cadres et militants du mouvement pour leur mobilisation dans toute la France pendant ces deux jours qui ont rencontré un vrai succès populaire.

  L’UMP a su montrer son dynamisme, son ouverture, et sa volonté de vouloir rassembler le plus largement possible l’ensemble des Français qui souhaitent faire gagner nos idées.

120 000 personnes se sont mobilisées dans nos fédérations. Le siège national de l’UMP a accueilli plus de 2700 personnes dont 80 % visitaient le 55 rue La Boétie pour la première fois.

142 000 internautes se sont connectés au blog www.48h-ump.org et au site Internet www.u-m-p.org. 24 000 personnes ont participé au chat vidéo.

3 millions de documents ont été diffusés pendant ce week-end.

Ces « 48 heures » ont permis de franchir ce soir à 17h le cap des 5000 nouvelles adhésions au cours du week-end.

16/11/2005

48 heures pour devenir populaire !

 
  Du 19 au 20 Novembre, L'UMP se mobilise pour vous donner envie de croire en la politique. Les élus et les nouveaux adhérents seront à votre disposition dans toutes les permanences de France: débats, rencontres, animations. Parce qu'un parti populaire est avant tout un parti ouvert.
 
Pour vous renseigner sur les évenements près de chez vous, une seule adresse :
 

15/11/2005

SCRIPT de l'émission "A vous de juger" du 10.11.2005

Bonjour à tous !

Je vous propose, pour ceux qui n'ont pas pu voir l'émission, de télécharger son script...

script-emission_101105.pdf

Il est évident que je vous invite également à réagir !

Bonne lecture

Aurélie ESTIENNEY

Le message du Président de la République

Le président Jacques Chirac s'est adressé aux Français à la télévision pour la première fois depuis le début des violences urbaines.

Pour tenter d'enrayer la crise, le président français propose notamment la création d'un service civil volontaire. Quelque 50 000 jeunes pourront bénéficier de ce service en 2007, dans l'armée ou dans des organismes de santé, de culture et d'environnement.

Jacques Chirac estime que les émeutes représentent une crise d'identité et demande à tous les Français de faire un effort pour lutter contre la discrimination.

Plus tôt aujourd'hui, le gouvernement a décidé de prolonger de trois mois l'état d'urgence pour prolonger les couvre-feux dans les agglomérations les plus touchées.

(source : LCN)

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