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24/02/2007

Nicolas Sarkozy veut que l'Europe change !

Nicolas Sarkozy était mercredi à Strasbourg (capitale parlementaire de l'Union Européenne) où il a prononcé un discours sur l’Europe. Il s'est engagé, s'il était élu, à prendre une initiative pour sortir de la crise institutionnelle de l'Europe, qu'il a présentée comme un rempart contre les défis de la mondialisation.

"Débloquer l'Europe institutionnellement, ce sera le sens de ma première initiative européenne si je suis élu". "Je proposerai à nos partenaires européens de nous mettre d'accord sur un traité simplifié qui reprendra les dispositions du traité constitutionnel nécessaires pour que l'Europe puisse se remettre en marche".

Il s'agirait de "mettre fin à la règle de l'unanimité" au sein du Conseil européen, de permettre à certains Etats d'avancer plus vite que les autres et d'élire un président de l'Union pour deux ans et demi. Ces points "n'ont pas suscité de désaccord majeur" durant la campagne du référendum qui s'est soldée par le "non" français au projet de constitution européenne, a estimé le candidat-ministre.

Nicolas Sarkozy a présenté l’Europe comme un rempart à la mondialisation : "face à la mondialisation et aux forces immenses qu'elle met en oeuvre, la France a besoin de l'Europe", elle est "la seule capable de s'opposer à la toute-puissance du marché", a-t-il affirmé. "Si je suis élu, je proposerai à nos partenaires d'assigner comme missions à la zone euro la moralisation du capitalisme financier et la promotion d'une économie de production contre une économie de spéculation et de rente"

Il s'est également prononcé contre le "dumping fiscal" pratiqué par certains Etats européens et pour une "harmonisation fiscale" qui irait de pair avec "une forme de préférence communautaire".

Il préconise également une vraie politique monétaire : "Nous devons être capables de proposer aux peuples européens une Europe où la politique monétaire ait pour objectifs la croissance et l'emploi et pas seulement l'inflation". "Pourquoi les Américains ont-ils le droit de se servir du dollar comme d'une arme au service de leur puissance et pourquoi l'Europe n'aurait-elle pas le droit de se servir de l'euro".

Partisan d'une « Europe politique » qui ait une « identité » et donc « des frontières », Nicolas Sarkozy a justifié une nouvelle fois son refus d'une entrée de la Turquie dans l'Union qui condamnerait celle-ci à n'être plus qu'une « sous-région de l'Onu ». « Ca n'a rien à voir avec ce qu'on peut penser de la Turquie, mais à la minute où on fait entrer dans l'Europe un pays qui n'est pas européen, c'en est fini du rêve des pères fondateurs ».

Nicolas Sarkozy a terminé en évoquant Verdun, où il avait fait un détour dans l'après-midi, comme ministre de l'Intérieur, pour le 91ème anniversaire du déclenchement d'une des plus terribles batailles de la Première guerre mondiale : « A Verdun, des hommes sont morts parce que l'Europe est venue trop tard. A Strasbourg, des hommes s'épanouissent parce que l'Europe a fait d'une terre où tant de sang et de larmes ont été versés une terre de paix ».

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