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28/08/2007

Ayons l'audace de repenser notre modèle social!

De la TVA sociale au Dividende Universel. 

Par Alexandre Brugère, co-Responsable de l’UMP Dauphine.

 

c8e9eded76d4ad99e9fe0bd87838e0ea.jpg            Le cap des cent jours est franchi. Cette étape symbolique, héritage de la mythologie villepino-napoléonienne (parjure !), ne doit pas nous faire oublier que l’action politique ne serait se laisser juger sur quelques semaines. Il s’agit pourtant d’un premier pas dans la réalisation du nouveau rêve français esquissé par Nicolas Sarkozy dans sa conquête de l’Elysée. Désormais Président de tous les Français, « le Candidat » a parfaitement réussi sa mutation ; l’ouverture ayant aidé à gommer le scepticisme des ultimes prêcheurs du T.S.S. À ceux qui croyaient le costume trop grand pour lui, le Président a su répondre par le seul langage qui vaille en politique : l’action ! Les réformes se sont ainsi enchaînées – justice, éducation, pouvoir d’achat – , rencontrant l’adhésion populaire et l’intérêt de nos partenaires internationaux. La France, en sauvant les infirmières bulgares, a conforté son rang de puissance qui compte en nimbant le monde du voile de la liberté retrouvée.

 

            Cette volonté affirmée par les Français de voir s’engager des changements radicaux n’épargne pas notre modèle social, nécessairement remis en question par la globalisation et le sentiment partagé d’un système à bout de souffle. L’audace doit mettre un terme à l’ère des « réformettes » et de l’immobilisme, elle nous enjoint à refonder l’action de l’Etat.

 

            Parmi les chantiers prioritaires, il nous faut considérer celui du marché de l’emploi qui malgré quelques bons chiffres reste marqué par le chômage de masse et la précarisation des conditions. Les pistes à explorer sont nombreuses, à la manière de la formation individuelle – fut-elle de longue durée – qui se doit d’être renforcée afin d’adapter notre pays aux exigences d’une nouvelle division internationale du travail. Il en va de la survie de la compétitivité française.

 

            De la même manière, il serait inqualifiable et économiquement dangereux de laisser les chômeurs s’enfermer dans leur condition, dépourvus d’autres perspectives que de subir le fardeau de l’inactivité qui en plus d’être désocialisant creuse le déficit publique. C’est en ce sens que la mise en place d’un suivi personnalisé est nécessaire afin de réduire le temps qui s’écoule entre la perte d’un emploi et le retour au monde du travail. Un tel dispositif, conçu dans une logique de prestation réciproque entre les services publics et le demandeur d’emploi, sonnerait parallèlement le glas de l’assistanat qui nourrit l’exaspération légitime de tous ceux qui se sentent victime de cette « injustice d’Etat ».

 

            L’instauration de la TVA sociale, à quelques jours de la publication d’un rapport par Eric Besson, reste une idée neuve et parfaitement réaliste permettant de lutter substantiellement contre les délocalisations en allégeant le coût du travail. Dans un monde hyperconcurrentiel où la fabrication de produits standardisés est devenue le précarré des pays à bas coût, la France doit démontrer sa capacité à réagir. Comme le soutenait l’économiste Thomas Piketty dans une récente interview à Libération, cela n’a aucun sens de faire reposer le financement  des prestations sociales sur les seuls salaires et d’accentuer ainsi la pression fiscale sur le travail. Il est cependant nécessaire d’étudier les effets de court terme sur la hausse des prix, conséquence logique d’un transfert des prélèvements sociaux sur la consommation. Il n’en est pas moins évident que c’est la structure même de la main d’œuvre française qui doit évoluer vers des métiers plus qualifiés.

 

            Mais, on l’oublie trop souvent, l’économie n’a d’autre finalité que d’être au service de l’homme. Depuis quelques mois maintenant, des voix nouvelles se font entendre, dont celle du nouveau Ministre de la Ville et du Logement, Christine Boutin. Le constat d’un lien citoyen en décomposition et de la fragilité de la cohésion sociale apporte son lot de solutions tant prometteuses que révolutionnaires. Plus que jamais, il nous faut réagir à la détresse des plus faibles qui se sentent marginalisés et victimes de l’ignorance collective. L’instauration d’un Dividende Universel, allocation minimale versée à tout homme de sa naissance à sa mort, est à ce titre une fenêtre vers cette France plus juste que nous aspirons à construire ensemble. Un tel choix de société présente à lui seul l’avantage de considérer l’existence de chaque citoyen comme une richesse pour la communauté, elle replace l’homme au cœur de la solidarité nationale. Un tel bouleversement viendrait répondre à ce paradoxe de notre temps qui veut qu’une société de plus en plus individualiste ne considère pas l’individu dans ce qu’il est d’essentiel : un être humain qui se doit d’être accompagné et soutenu tout au long de son existence, en dehors de toute notion de rentabilité. Le Dividende Universel n’en reste pas moins économiquement viable, puisqu’il conduit à la mise à plat des systèmes de rémunérations et des diverses allocations.

 

            La France, vous l’aurez compris, est donc capable d’affronter les défis qui se présentent à elle, sans pour autant renier cet humanisme qu’elle n’eut de cesse de porter tout au long de son Histoire. Notre pays est apte à se grandir dans le changement, à faire de la rupture une exigence au service de la condition de chaque Français. Je vous le dis parce que j’en ai la conviction, la France est enfin prête à entrer dans le XXIème siècle et à croire de nouveau en elle-même.

Commentaires

"Osons Françoise de Panafieu en mars 2008 !"
http://jeunesavecpanafieu.hautetfort.com/archive/2007/08/31/communique-de-presse-osons-francoise-de-panafieu-en-mars-200.html

Amitiés et à bientôt !

Les Jeunes avec Panafieu
jeunes@panafieu.org

Ecrit par : JAP | 03/09/2007

En tout cas, il y avait du monde à la conf' de presse ce matin.

Ecrit par : Alexandre Brugère | 03/09/2007

En effet le Dividende Universel est une mesure déjà essayée en Suède, dispositif similaire en cours en Allemagne.
Même le Royaume Uni a déjà adopté un revenu minimum pour les enfants pauvres !

Calculé sur le PIB actuel, il serait de 330 euros. (Il ne modifierait pas les minimums sociaux qui incluent déjà ce montant).

Compte tenu des revenus existants de chacun, il devrait être finacé pour 30% de la population, soit :
-> Les enfants
-> Ceux qui ne touchent rien.

Le solde net de la mesure est de 50 Mds euros / an, auxquels il faut soustraire les allocations (30 Mds), soit un solde réel de 20 Milliards d'euros annuel.

Ceux qui vont le toucher ne vont pas épargner mais dépenser (enfants à moyen terme pour leurs études / logement...) et donc engendrera une croissance supplémentaire, qui à moyen terme devrait financer ces 20 milliards, au moins en partie.

Bref, sont valorisées les personnes ayant une activité non rémunérées (associative, bénévole, familiale ou études), qui ne doivent jamais tomber dans l'extrême précarité, le minimum face à un monde qui bouge, avec moins de sécurité.
Ces personnes sont donc "hors catégories" de celles déjà aidées.

Parce que "toute personne est une richesse".
Parce que au cours de l'Histoire, nous transmettons cette richesse aux autres (nous nous la transmettons).

Ecrit par : Flo | 24/10/2007

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